26 octobre : l’accord France-Chine de 1972 et ce qu’il dit de nous

Drapeaux de l'Union européenne et des États-Unis posés sur une table en bois.

Un accord commercial signé le 26 octobre 1972

Le 26 octobre 1972, la France et la République populaire de Chine signent un accord commercial à Pékin. Ce document, souvent oublié des éphémérides, marque une étape concrète dans la reconnaissance de la Chine par Paris, huit ans après l’établissement des relations diplomatiques en 1964. Il illustre une constante de la politique étrangère française : la recherche d’un dialogue direct avec Pékin, en marge des blocs de la Guerre froide.

L’accord ne se limite pas à des échanges de marchandises. Il ouvre un cadre juridique aux entreprises françaises, dans un contexte où la Chine de Mao s’ouvre encore très peu aux capitaux étrangers. Pour Paris, l’enjeu est autant économique que symbolique : exister comme interlocuteur indépendant des États-Unis et de l’URSS.

Ce que l’accord prévoyait

  • Un cadre pour les échanges commerciaux entre les deux pays.
  • Des facilités pour les représentants économiques français à Pékin.
  • Une reconnaissance mutuelle des procédures douanières.
  • Un signal politique adressé aux partenaires occidentaux de la France.

De Gaulle, la Chine et la ligne gaullienne

La signature de 1972 s’inscrit dans la continuité de la décision du général de Gaulle de reconnaître la Chine populaire le 27 janvier 1964. À l’époque, cette reconnaissance avait provoqué l’irritation de Washington. Huit ans plus tard, l’accord commercial du 26 octobre prolonge cette logique d’indépendance nationale.

Le ministère français des Affaires étrangères de l’époque présente l’accord comme un instrument au service des entreprises françaises, sans rupture avec les positions atlantiques. C’est cette ambiguïté féconde — indépendance affichée, pragmatisme économique — que la date du 26 octobre résume.

Pourquoi cette date reste utile aujourd’hui

Parler du 26 octobre 1972 n’a pas qu’un intérêt d’antiquaire. La France a été le premier grand pays occidental à reconnaître la Chine populaire, et cet accord commercial est l’un des premiers jalons concrets de cette relation. Aujourd’hui, la Chine est le premier partenaire commercial de l’Union européenne en Asie, et les débats sur la dépendance industrielle, les droits de douane et les transferts de technologie rendent cette histoire immédiate.

L’accord de 1972 rappelle aussi une méthode française : parler à tous les grands acteurs, y compris ceux qui déplaisent à nos alliés, pour exister sur la scène mondiale. Que l’on juge cette méthode efficace ou non, elle éclaire des choix contemporains, du dialogue avec la Russie aux positions françaises sur Taïwan.

Un autre 26 octobre : l’accord israélo-jordanien de 1994

La même date a été témoin d’un autre événement majeur. Le 26 octobre 1994, à Washington, Israël et la Jordanie signent un traité de paix. Cet accord met fin à un état de guerre qui durait depuis 1948 et fait de la Jordanie le deuxième pays arabe, après l’Égypte, à normaliser ses relations avec Israël.

Pour la France, ce traité conforte une diplomatie arabe active, mais il est surtout un précédent : il montre qu’un accord de paix israélo-arabe est possible lorsque les intérêts stratégiques convergent. Trente ans plus tard, cette référence reste mobilisée dans les débats sur le Proche-Orient, même si les conditions ont profondément changé.

Ce que le traité de 1994 a changé

  • Fin officielle de l’état de guerre entre Israël et la Jordanie.
  • Établissement de relations diplomatiques et d’échanges économiques.
  • Coopération sur l’eau, un enjeu crucial pour les deux pays.
  • Un modèle de paix séparée, distinct d’un règlement global israélo-arabe.

Ce que ces deux 26 octobre disent de la France

Les deux événements n’ont pas le même poids. L’accord France-Chine de 1972 est un acte économique et symbolique, tandis que le traité israélo-jordanien de 1994 est un accord de paix. Mais tous deux montrent une France qui cherche à peser par le dialogue et la médiation, plutôt que par la seule puissance militaire.

Cette posture a ses critiques : elle peut être jugée naïve face à des régimes autoritaires, ou trop prudente dans certains conflits. Elle a aussi ses partisans, qui y voient une tradition d’équilibre et d’indépendance. Le 26 octobre, date discrète, offre ainsi un bon poste d’observation pour comprendre ces débats.

Prochain jalon vérifiable

Pour prolonger cette réflexion, on peut suivre les commémorations officielles des 60 ans de la reconnaissance de la Chine par la France, prévues en 2024, et les publications de l’INA sur les archives télévisées de 1972 et 1994. Ces documents permettent de mesurer comment ces événements ont été perçus à l’époque, loin des reconstructions mémorielles.

Source: Larousse

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